Jeux de mots sur la motivation

Pour continuer sur le thème de la motivation, je voudrais vous proposer cette fois-ci un texte écrit par un ami, alors que nous travaillions ensemble sur la motivation, un texte qui appelle à l’interrogation, la réflexion, au jeu, afin d’en savoir plus sur ce qui nous motive réellement, sur ce qui nous pousse à bouger, à passer à l’action, et donc à avancer dans une direction. Il s’agit d’un texte volontairement différent de ce que vous avez l’habitude de lire sur ce blog afin de susciter vos réactions.

Motivation, le mot lui-même annonce son sens, le mot lui-même est tout un programme.

Si on l’ouvre un peu, comme les valves d’un coquillage vivant ou si on le fait bouger, comme on soulèverait une pierre dans l’espoir de découvrir une vie secrète et cachée dessous, fascinés par l’invisible, il montre d’abord :

« mot..ivation ».

Une petite modification et apparaît :

« mot..iva..ation ».

Encore un léger changement et voici poindre :

« mot..y..va..action »

et nous voilà aiguillés dans une direction bien particulière : motivation, un mot qui nous invite sans ambages à passer à l’action. La pierre roule et les valves s’agitent.

En premier sur la liste des mots qui nous poussent vers l’action se trouve : « Pouvoir ». Étonnante rencontre entre un verbe, la catégorie reine pour parler de mouvement dans notre langue maternelle et un nom, plutôt étiquette immobile et jugement ; tous les deux sont présents dans exactement la même coquille de lettres. Si nous détenons le pouvoir, nous pouvons réaliser… tout ce dont nous sommes capables, toutes nos possibilités. Mais le pouvoir sur quoi ou sur qui et que voulons-nous vraiment faire ?

Ici arrive la deuxième famille, la famille volonté « Vouloir » ; je veux ou je voudrais et l’ambiance change ; elle passe de l’assurance du puissant aux hésitations du désir, à l’attente pleine d’espoir ou aux résolutions maintes fois reprises et remises.

Et maintenant, le troisième larron peut entrer en scène ou plutôt donner la réplique aux deux autres et brouiller en même temps un peu plus les pistes : le « Devoir » arrive, l’acteur central de la tragédie grecque antique toujours d’actualité. Comme dans le cas de pouvoir, le personnage principal de notre histoire, devoir est un verbe et un nom à la fois et, de ce fait, possède l’ambiguïté, présente le paradoxe d’exprimer simultanément et dans le même souffle le geste vif et la fixité morbide. Le devoir qui m’appelle le fait sur un ton d’adjudant chef et dois-je lui répondre avec empressement ? Rien n’est plus agaçant, rien n’est moins sûr !

La pierre soulevée n’a pas fini de nous révéler ses secrets. Motivation nous a emmené directement dans l’action, le moteur à trois temps : je peux, je veux, je dois et certainement, le premier temps est nettement plus explosif que les deux autres. Mais si je me lance dans l’action, j’ai d’abord besoin de savoir pourquoi, pour quoi, pour quoi faire ? Quel est mon motif ? Pour quel motif suis-je motivé ?

Le nouveau secret est lâché et la magie des mots ouvre une autre piste à notre sagacité. Il suffit d’ajouter un petit préfixe de rien du tout, juste une lettre, un e avé l’accent du midi et apparaît émotif. De motif à émotif, un seul pas, une seule lettre et nous comprenons facilement que cet empressement pour bouger, pour agir, prend probablement sa source dans le royaume des émotions. Motivés, nous entrons dans une émotion bien particulière en même temps que cette émotion nous pousse à sortir de notre coquille et à recommencer à changer le monde ; petit à petit, sûrement, mais dès maintenant et sans attendre !

Ainsi un simple mot nous a déjà présenté deux facettes complètement différentes. Le côté « action », dynamisme, en trois moments, je peux, je veux, je dois et toute la litanie de leurs permutations et conjugaisons enchaînées : je devais… je pourrai… je voudrais…! Ou encore, si je peux…, je dois…, mais est-ce que je veux…? Cette déclinaison au fil des mots est là pour vous inviter à pénétrer dans leur résonance interne et à tester vous-mêmes quelle impression chacun produit sur vous. Insérez les projets ou problèmes que vous voulez à la place des points de suspension et apprécier la ré-action…!

Il y a de bonnes chances pour que cela crée en vous une émotion et vous voilà émotif, deuxième facette de notre promenade « sémantique », à travers le paysage des lettres, formes, sons, surprises nées de la simple rencontre d’un mot, motivation. Émotif, nous en étions arrivés là, c’est ce corps, le notre, que nous commençons à sentir ému, peut-être le début de puissantes émotions. L’histoire ne dit pas encore quelles actions et quelles émotions sont engendrées par notre motivation, mais la combinaison des deux registres, le mariage des émotions et des actions, propose une première piste réellement intéressante : agir et ressentir, s’émouvoir et se mouvoir.

D’abord l’action ou l’émotion en premier ? Mystère. Faire quelque chose qui nous remue à l’intérieur, nous touche ou nous trouve ou bien éprouver une envie, une peur ou même une panique qui nous fait démarrer au quart de tour ? […]

Et pour vous que signifie le mot « motivation », comment vous mettez-vous en mouvement, qu’est-ce qui vous anime fondamentalement ? Tous vos commentaires et vos façons de procéder sont toujours les bienvenus et intéressants à partager avec tous. C’est aussi en échangeant que l’on apprend.

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