Faire « comme si »

« Tout le monde savait que c’était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l’a fait » Marcel Pagnol

Multiplier ses choix, ses possibilités, aller au-delà des limites que nous nous fixons nous-mêmes, voilà des situations que nous rencontrons fréquemment. Il existe un moyen créatif et récréatif pour y parvenir, c’est le jeu du « comme si ». Faire « comme si ». Bien sûr, il ne s’agit pas de se mentir à soi-même ou aux autres, mais simplement de jouer avec notre imagination pour trouver de nouvelles solutions, tester de nouveaux comportements afin de sortir d’une situation qui semblait bloquée. C’est une façon de retrouver l’enfant en nous qui laisse libre cours à ses inventions, ses rêves, son envie de s’amuser.

Faire « comme si », c’est faire toute sorte de suppositions et voir ce qu’il en advient :

  1. Se mettre dans la peau de telle ou telle personne qui dispose de capacités que l’on souhaiterait posséder : « Si j’étais à la place de… (un savant, un expert, un personnage célèbre, quelqu’un que l’on apprécie ou que l’on admire, etc.), qu’est-ce que je ferais, qu’est-ce que je dirais, quelles positions j’adopterais, quel serait mon état d’esprit, ma façon d’envisager la situation, etc. »
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  2. Jouer avec le temps et s’imaginer plus vieux de quelques années et en regardant en arrière, voir le chemin parcouru et observer comment nous avons réussi à passer tel cap, quelles sont les étapes que nous avons franchies ?
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  3. Ou bien encore imaginer : « Qu’il ne nous reste que  cinq minutes pour faire telle chose, qu’est-ce qu’il se passe ? »
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  4. « Que l’on a plus que quelques jours à vivre, que fait-on ? » ou au contraire (selon ce qui est le plus efficace pour nous) : « Que l’on a tout le temps que l’on veut ? »
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  5. Et pourquoi pas également : « Si j’étais un oiseau, un arbre ou une vague de l’océan, si je gagnais au loto, si je faisais le tour du monde, etc. »

Plus ce processus sera fait de manière ludique, plus il aura de chance d’obtenir des résultats intéressants car le mental cessera alors de fonctionner et de mettre son véto sur nos possibilités, d’où l’importance de vraiment jouer le jeu, et d’entrer pleinement dans le cadre imaginaire que l’on est en train de créer, entrer dans le rôle du personnage, comme dans un film ou une pièce de théâtre, un tableau, un rêve éveillé. Vous pouvez aussi imaginer avoir une baguette magique, inventer une métaphore, écrire des poèmes, écouter le chant des sirènes, l’imagination n’a pas de limite, laissez-vous emporter dedans et jouez, testez, ressentez et apprenez de cette expérience nouvelle.

Lorsque le contexte imaginé se présentera dans la réalité, vous pourrez alors reproduire ce que vous avez vécu dans votre film, votre rêve, votre imaginaire quand vous faisiez « comme si ». Et même si le résultat n’est pas du premier coup ce que vous attendiez, rappelez vous que lorsque vous avez appris à faire du vélo, vous n’avez pas réussi à partir sur les routes au premier coup de pédales ! Comme tout apprentissage, c’est en faisant et refaisant que l’on acquiert une nouvelle compétence.

Rappelons-nous également que notre façon de nous tenir et de bouger modifie notre façon de penser et de nous exprimer. Des études scientifiques le prouvent. Ainsi des chercheurs de la Columbia University and Harvard University ont fait l’hypothèse que l’adoption physique d’une posture de pouvoir pouvait générer un ressenti de pouvoir et de puissance et même stimuler les hormones liées au pouvoir. L’étude de Dana R. Carney démontre cette hypothèse : adopter physiquement une posture de pouvoir a des conséquences neuro-endocriniennes, notamment sur la sécrétion de testostérone. Les sujets qui adoptaient fortement des postures de pouvoir ont montré une élévation des taux de testostérone, une baisse des taux de cortisol, et une augmentation du ressenti de pouvoir et d’acceptation du risque. Ceux qui adoptaient faiblement des postures de pouvoir ont montré des résultats inverses.

Jouons à faire « comme si » pour accroître notre efficacité et nos performances dans les domaines qui nous intéressent, sachant que cela s’applique à l’acquisition ou au développement d’une nouvelle capacité, mais qu’en aucun cas cela consiste à tricher avec soi-même ou les autres. Notre authenticité personnelle reste intacte, il s’agit de faire « comme si »et non pas d’être « comme si », ce qui est bien différent.

« L’imagination est plus importante que le savoir ». Albert Einstein

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