Les dix points de ma motivation

Nous ne sommes pas encore en hiver mais pourtant je voudrais aujourd’hui partager avec vous l’expérience que j’ai vécue en 2010, lors de la 32ème Transjurassienne, cette course mythique de ski de fond de Lamoura à Mouthe. Peut-être cela donnera à certain l’envie de participer à la prochaine Transjurassienne qui aura lieu le 12 février 2012 (il n’est jamais trop tôt pour s’entraîner), mais surtout c’est une expérience qui peut être reproduite dans n’importe quel autre contexte.

La Transjurassienne est un grand événement de masse du ski nordique: 3 500 concurrents se mesurent chaque année sur les 76 km d’un parcours traversant les départements du Jura et du Doubs, avec une petite incursion en Suisse, dans la Vallée de Joux. Cette épreuve est inscrite au calendrier de la Worldloppet, challenge mondial des épreuves de longue distance.

J’ai longtemps eu le désir de participer à cette course qui se déroulait chaque année devant mes yeux, mais sans jamais vraiment prendre la décision de réaliser ce challenge. Puis en 2010, je me décide enfin, l’hiver est propice à l’entraînement et le dimanche 14 février, je suis au départ à Lamoura. 350 km d’entraînement en skating, c’est bien peu pour affronter cette journée de 76 km, mais pourtant j’ai la ferme intention de franchir la ligne d’arrivée à Mouthe.

Je suis très émue de me retrouver dans l’ère de départ au milieu de tous ces concurrents qui vont s’élancer. Premier coup de canon et la 1ère ligne s’envole, j’en ai presque les larmes aux yeux, tandis que j’attends le 3ème coup de canon pour m’élancer à mon tour. Et me voilà partie pour 7 h 45 sur mes skis…!

Mais qu’est-ce qui permet d’aller jusqu’au bout des 76 km ?

Ou les 10 points de ma motivation !

  1. La joie de faire partie de ces milliers de concurrents et de partager avec eux cette grande aventure.
  2. Le plaisir de skier, bien évidemment, mais aussi le plaisir de skier du mieux possible pour gérer son effort, avec une économie de mouvement, en détendant les muscles tout au long du parcours, en choisissant les endroits les plus glissants, en alternant les mouvements.
  3. La présence des amis qui sont là au départ et à l’arrivée, sur le trajet et tous ceux qui me font confiance pour atteindre mon objectif.
  4. L’ambiance chaleureuse qui nous accompagne tout au long du parcours. Les spectateurs qui font retentir leurs cloches et clochettes, leurs encouragements en interpellant les skieurs par leur prénom (après avoir regardé les noms sur la liste). Et jusqu’à la fin, certains auront la patience d’encourager encore les derniers. Et aussi, cette petite voix intérieure qui se fait l’écho du public pour maintenir la motivation malgré la fatigue ou la lassitude à certains moments.
  5. La visualisation faite avant la course en guise de préparation mentale, lors de laquelle je me voyais skier avec facilité et plaisir.
  6. Le découpage du parcours en étapes. Penser d’emblée à l’arrivée et à tous ces kilomètres à venir pourrait être démoralisant, alors que le fait de se fixer des étapes intermédiaires -chaque village- permet d’envisager la course avec un tout autre regard. Et à chaque étape, je me réjouis du chemin parcouru.
  7. La beauté du paysage qui nous environne prend toute son ampleur sous les rayons de soleil. Même si ceux-ci sont de courte durée, ils enchantent les yeux si merveilleusement, devant les sapins chargés de neige fraîche. Je traverse à la fois ces lieux familiers où que je n’ai pas forcément l’habitude de skier et ainsi je les perçois avec un regard différent, puis ces endroits où chaque mètre parcouru est connu par cœur et où je sais précisément à quoi m’attendre et enfin ces coins que je découvre pour la 1ère fois avec curiosité et plaisir.
  8. Le goût de l’effort, de se dépasser, d’aller toujours de l’avant qui m’accompagne régulièrement en montagne ou encore dans mes autres projets.
  9. Le souvenir d’avoir déjà vécu des moments de doutes similaires en randonnée. Je me rappelle tout particulièrement cette randonnée à VTT « Le Jura du Haut en Bas » où à peine à la moitié, je sentais déjà la fatigue et me demandais comment j’allais pouvoir poursuivre. Et une fois cette phase critique dépassée, tout a changé alors magiquement avec la certitude ancrée en moi de parvenir au but. Le phénomène se reproduit à Bois d’Amont, la fatigue me prend tout en sachant que je n’en suis pas encore à mi-parcours, et puis la même magie s’accomplit une fois arrivée à Bellefontaine : tout va mieux, j’ai passé le cap fatidique et je sais que j’irai jusqu’à Mouthe. Ceci prouve bien qu’il ne faut jamais se décourager, il y a les hauts et les bas, puis à nouveau un regain d’énergie se manifeste. Il suffit juste de laisser passer ce moment en se faisant confiance, nous avons en nous, des ressources insoupçonnées. Cela me rappelle aussi ces 3000 m de descente après l’ascension du Mont Rose où nous ne pouvions plus avancer et pourtant nous mettions encore un pas devant l’autre…
  10. Le fait de savourer à l’avance l’instant où l’on va franchir la ligne d’arrivée et pouvoir se dire « Je l’ai faite !!! » avec une merveilleuse sensation de bonheur.

Voici donc une très belle expérience qui reste ancrée en moi et qui le restera probablement encore bien longtemps, une expérience que je pourrais réutiliser dans les moments de doute ou de difficultés comme métaphore de réussite.

Alors peut-être serais-je au rendez vous de 2012, avis aux amateurs…

Partagez vous aussi vos expériences de réussite, elles seront utiles à tous, je vous attends sur ce site.

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