Comment ce que l’on croit devient réalité

Ce que l’on croit devient réalité et pour l’illustrer je voudrais commencer avec une anecdote riche en signification.

Dans son livre « La volonté de guérir » Norman Cousins raconte comment Pablo Casals, grand violoncelliste espagnol du XXe siècle se métamorphosait, le matin, à la fin de sa vie. Quand il se levait, chaque geste était douloureux et avait besoin d’aide pour s’habiller. Il avançait en traînant les pieds, avait le dos voûté, la tête projetée en avant. Ses mains étaient gonflées, ses doigts recroquevillés et avait l’air d’un vieillard très fatigué, paralysé par l’arthrite. Puis il se dirigeait vers son piano (un des instruments dont il jouait remarquablement bien), s’installait péniblement sur le tabouret et avec de rudes efforts posaient ses doigts gourds sur le clavier. Et là, d’un seul coup, il se métamorphosait : ses doigts se dénouaient et couraient sur le clavier. « Tout son corps fusionnait avec la musique. Ses mouvements n’étaient plus raides ni étriqués, mais souples et gracieux et complètement libérés des crispations de l’arthrite. » Et quand il quittait le piano, c’était alors un être entièrement différent. Il se tenait plus droit, il marchait sans traîner les pieds. La seule idée de jouer du piano avait totalement transformé son état et ses capacités physiques.

Ainsi ce que nous croyons sur nous, sur les autres, sur le monde modèle ce que nous sommes. Il y a deux sortes de croyances, celles qui nous aident à progresser dans le sens de ce que nous désirons, qui sont un merveilleux élan propulseur comme nous venons de le voir et puis celles qui au contraire nous limitent et qui sont bien souvent hors de notre conscience. A ce propos Jung disait : « Une pensée ignorée par la conscience se transforme en destin. » D’où la nécessité de mettre à jour ces pensées enfouies en nous.

Ces pensées peuvent se manifester de différentes manières, c’est à la fois ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire, ce sont les certitudes sur nos capacités ou nos limites, sur la réaction des autres ou des évènements, en voici quelques exemples :

  • « Je suis comme ça »,
  • « Je ne peux pas y arriver, je suis nul en math »,
  • « Dès que je commence à réussir, tout s’écroule »,
  • « Je suis fumeur »

Et l’ennui avec ce genre de pensées, c’est qu’elles sont si solidement ancrées que la personne les prend pour une réalité et n’arrive pas à les remettre en doute. Elle n’imagine pas pouvoir changer cette réalité. Alors qu’il  s’agit juste d’une pensée et cette pensée ne correspond à rien de solide ni d’immuable. Toute pensée peut être transformée. Nous verrons ultérieurement comment changer ces croyances limitantes.

Toute expérience humaine est emmagasinée dans le cerveau et donc nous pouvons y avoir recours quand nous le souhaitons. Si nous pensons ne pas nous en souvenir, nous nous fermons la possibilité de nous rappeler de cette expérience et donc nous nous confortons dans le fait que nous ne nous en souvenons pas. Par contre si nous avons la conviction que nous pouvons nous en souvenir, nous donnons l’ordre à notre cerveau d’aller chercher là où se trouve la réponse.

Qu’est-ce qui va engendrer le processus de création d’une croyance ?

Bien souvent la croyance provient d’une première expérience qui va être filtrée en fonction de nos perceptions. Une même expérience pourra pour deux personnes différentes produire des croyances diamétralement opposées selon leur interprétation du moment.

Prenons l’exemple de deux enfants qui s’amusent à escalader des rochers, tous deux trébuchent, tombent et s’écorchent le genou.  Le premier court se réconforter dans les bras de sa mère, qui lui répond que c’est dangereux et qu’il ne devrait pas faire le fou dans les rochers, qu’il peut se faire très mal.  L’enfant va alors adopter la croyance que prendre des risques peut entraîner des conséquences douloureuses et va donc devenir plus craintif, moins entreprenant. Par contre l’autre enfant rit de cette chute et se joue de cette position de déséquilibre, son genou écorché représente pour lui un trophée. Celui-ci va alors développer la croyance que la recherche de l’instabilité est un jeu très amusant, qu’il est costaud et va sans cesse continuer à explorer.

Chaque expérience suivante qui ira dans le même sens, va venir renforcer ces impressions et ancrer plus profondément cette croyance, un processus de généralisation se met en place.

C’est donc bien l’interprétation que l’on va faire d’une expérience qu’il faut être vigilant à observer afin de générer des conclusions qui aillent dans le sens d’un développement, d’une progression plutôt que d’un frein ou d’une limite. C’est ce qui explique pourquoi certaines personnes ont des croyances qui les poussent vers la réussite et d’autres qui les attirent principalement vers l’échec.

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Une réponse à Comment ce que l’on croit devient réalité

  1. lukush dit :

    c’est tres bien dit……………

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